Une chronique sur le poil. Quoi de plus attachant ! Vous vous dites sûrement que je suis tombée sur la tête… mais non, ne vous en faites pas. Je ne vous parlerez pas des poils de mon conjoint, ni du poil sur mes jambes que je n’arrivais pas à épilé à la fin de ma grossesse, ni de mes beaux cheveux qui sont tombés en poignées suite à mon accouchement (quoique, cet article va dans le même ordre d’idées), mais plutôt des autres poils. Ceux dont personne ne parle. Ceux qu’on n’est pas censé avoir et qui nous ont fait rire adolescents quand on croisait une femme qui en avait. Ces beaux trésors que la maternité m’a laissés en cadeau.
Loin de moi l’idée de penser que toutes les femmes qui ont portées des enfants deviennent poilues, sinon ce ne serait pas aussi anecdotique d’élaborer sur le sujet. Par contre, mon médecin m’a confirmé que chez certaines femmes, les hormones générées pendant la grossesse contribuait à la pousse de poils dans certaines zones inédites, voire inusitées. Quel ne fut pas la joie dans mon cœur quand j’ai appris que j’étais normale. Complètement normale.
Pourtant aucune de mes amies ayant accouché dans les dernières années n’avait eu la bonté de me parler de ce petit changement que mon corps subirait. Je présume qu’on en a honte au départ. En fait moi j’en ai eu honte. J’ai eu peur que mon conjoint soit dégoûté, qu’il ne me désire plus. C’est bien beau dire qu’il m’aime et qu’il était tout à fait ouvert et réceptif aux changements que la maternité apporterait sur mon corps, mais dans ma tête à moi il y avait une limite à ne pas franchir. Quel homme a envie de sortir sa femme poilue en public? Est-ce que j’étais la seule de mon groupe à vivre ce traumatisant changement? Après les vergetures, la femme à barbe?
J’ai commencé par les arracher. Je ne voulais pas que mon chum sache. Je ne voulais pas que personne sache, que moi, plutôt coquette, j’avais de vilains poils qui s’étaient logés dans mon visage. Je voulais que mon chum continue de me trouver belle malgré tout. Mais plus j’arrachais, plus j’avais l’impression d’en avoir et avec les enfants, je n’avais pas toujours le temps de m’occuper de ça!
J’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes. Il était hors de question pour moi de porter la barbe, la moustache et le poil dans le front (!!). J’ai pris rendez-vous chez l’esthéticienne pour me faire enlever ces vilains poils à l’électrolyse (méthode définitive pour se débarrasser du pelage superflu, plus abordable que le laser). Une fois les traitements commencés et ma peau douce retrouvée, j’ai eu l’impression d’enfin reprendre possession de mon corps.
C’est à ce moment que je me suis ouvert à mes amies, lors d’un souper bien arrosé. (Je n’allais quand même pas faire mon "coming out" de femme poilue à jeun!). Puis tout d’un coup, d’autres amies mamans m’avouaient aller chez l’esthéticienne discrètement pour les mêmes raisons!!! Je n’étais pas la seule…
Je suis consciente que notre pelage à la base existe pour nous garder bien au chaud. J’ai beau être frileuse, je n’en demandais pas tant à la nature pour me réchauffer.
Je sais que j’ai déjà publié un article sur les belles traces que la maternité nous laisse et sur ma volonté de les accepter, mais cette modification là est vraiment particulière. J’ai maintenant un pelage à entretenir pour me sentir belle.
Bien que je ne possède pas d’autres solutions que les visites chez l’esthéticienne pour régler ce problème, je souhaite sincèrement que certaines mamans se sentiront moins mal, moins abîmées, moins différentes en sachant que moi aussi je suis comme elles. Il paraît que le premier pas vers la guérison est d’en parler. Et bien poils, tenez-vous le pour dit, je suis poilue (maintenant vous pouvez arrêter de pousser!)
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