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jeudi 27 octobre 2011

Naître différent

Comment vivre avec un enfant différent? Comment l'accepter?

En novembre, dans le Jumello, la fourmi vous raconte l'histoire d'une maman de son entourage qui a donné naissance à un enfant différent.

Bonne lecture!

jeudi 8 septembre 2011

Sans discrimination

Quand j’étais petite, mes parents nous ont amené une année passer des vacances à Alma chez un ami d’université de mon père. J’étais jeune, je ne me rappelle même pas qu’elle âge j’avais, mais ces vacances figurent parmi celles dont je garde le plus de souvenirs.

Je me rappelle bien ce bain en maillot de bain dans l’énorme bain tourbillon trois garçons et moi. Cette fois ou nos parents on eu l’idée géniale d’ajouter de la mousse et de démarrer les tourbillons. Nous avons passées de longues minutes à jouer dans la mousse, à poser pour les appareils photo avec nos barbes et nos nouvelles coupes de cheveux… Il s’agit d’un merveilleux souvenir.

Je me rappelle également de cette journée passée dans un parc avec du Karting pour enfants. Je n’ai aucune idée d’où c’était, mais je me souviens bien d’avoir pu conduire ma petite voiture seule et de m’être enfin sentie aussi grande que je le voulais, de ne pas avoir été trop petite.

J’ai également le souvenir d’une journée passée au zoo de Saint-Félicien, dans la nature, avec une proximité éblouissante avec les animaux. Pour un enfant, c’était plus qu’impressionnant.

Par contre, je n’ai aucun souvenir des journées que nous sommes allées passées à la plage autour du grand lac régional. Pourtant il s’agit de ce qui m’amène à vous raconter ces vacances. Plusieurs fois mes parents m’ont raconté cette journée anecdotique, même si elle s’est complètement effacée de ma mémoire.

En jouant sur la plage je me suis fait un ami. Un ami différent de mes amis habituels et c’est avec une grande joie que j’ai couru voir mes parents pour leur décrire ma nouvelle amitié. C’est avec une grande fierté que j’ai présenté à ma mère « mon ami en chocolat ».

Chaque fois que j’entends cette histoire, maintenant, je suis séduite. Le chocolat est un dessert absolument merveilleux pour un enfant et pour moi, la première fois que j’ai rencontré quelqu’un de différent de moi,  c’est à un dessert particulièrement agréable que j’ai songé à titre de comparaison et d’explication.

Les enfants naissent sans préjugés, sans principes discriminatoires. Ce sont nous, leurs parents, qui leur inculquent des valeurs positives ou négatives à l’égard de la différence. Il est donc de notre devoir, surtout dans la société multiculturelle épanouie que nous nous efforçons de devenir, d’y apporter une importance particulière dans l’éducation de nos enfants.

Je me suis fixée un objectif impératif à cet égard.  La multitude de culture constitue une richesse importante  pour un individu. C’est une source d’apprentissage de l’acceptation, de l’indulgence et de tolérance extraordinaire. C’est également une source de découvertes culturelles, culinaires et personnelles inépuisable.

Je suis convaincue de cette importance et des bénéfices que nous en tirons collectivement. Peut-être parce que je suis issue d’une famille ou la différence était valorisée. Peut-être parce que j’ai toujours aimé et été aimée de personnes hors normes.

Nos enfants ont d’ailleurs une chance que nous n’avions pas à leur âge. Ils grandissent, dès la petite enfance en garderie, entourée de personnes issues de toutes les cultures.  Ils n’auront jamais le temps de développer des préjugés puisqu’ils grandissent entouré de ce qui était différents pour nous, mais normal pour eux. La culture fait partie de leur quotidien et c’est merveilleux. Ma tâche en est que plus facile. L’ouverture au monde s’implantera d’elle-même.

Pour faire un parallèle intéressant avec mon enfance, mon ne s’est pas fait d’amie en chocolat à la garderie, mais il a rencontré Danielle, fille de parent Haïtiens. Elle est sa meilleure amie. Je ne sais pas si cette préférence amicale est liée à sa différence ou tout simplement aux bons moments qu’il passait chaque jour avec elle à la garderie, mais force m’est d’admettre qu’il ne comprend pas encore qu’elle ne sera pas la seule personne ne lui ressemblant pas, qui croisera sa route.

Maintenant qu’elle a quitté la garderie pour une autre garderie ou son petit frère avait aussi une place, chaque fois qu’en voiture nous rencontrons quelqu’un de la même origine mon fils s’écrie, avec toute la joie dont il est capable « maman, c’est le papa de Danielle », comme si tous les haïtiens était parents avec sa meilleure amie. Puis, ce jour ou nous avons croisé le « papa de Danielle » dans trois voitures consécutives dans le trafic, j’ai compris que pour lui la différence était une certitude d’amitié, une source de bonheur, puisque cette amie a illuminée ses journées et que maintenant il s’en ennuie…

mercredi 6 juillet 2011

Le mystère du grand oiseau jaune.


La jeunesse est souvent remplie de promesse sans expérience au sujet de choses qui nous semblent pourtant capitales à ce moment précis.

Avant d’être parents, mon conjoint et moi, étions fiers de crier au grand jour nos grands principes et nous nous faisions la promesse ultime de les respecter.

La certitude dont nous étions s le plus fier concernait nos futurs enfants. Comme beaucoup de futurs parents d’ailleurs, nous nous sommes promis, au début de la vingtaine de ne pas avoir d’enfant roi, de na pas succomber à la publicité destinée aux enfants et d’élever nos enfants justement, comme nous jugions l’avoir été.

La principale victime de nos principes judicieux est sans aucun doute ce grand oiseau jaune de la restauration animée d’un clown nommé Ronald (pour éviter d’écrire leur nom). Nous jugions ouvertement les parents, qui sans égard aux risques d’obésité infantile, y amenait leur progéniture déchainée, les gavaient de Junk Food et les libéraient ensuite, sans trop garder l’œil ouvert, dans le parc intérieur pour quelques minutes de paix, non justifiée à notre avis.

Quand je suis tombée enceinte la première fois, nous avons même pris soin d’aviser les grands-parents, qu’il allait être hors de question que nos enfants mangent dans CE restaurant.

Nos parents furent évidemment un peu vexés de cette initiative et complètement déçus de perdre cette façon simple de gâter leurs futurs petits-enfants en vacances à la maison. Selon eux, un grands-parents idéal permet à ses petits-enfants de faire des choses chez eux, qu’ils ne peuvent pas faire à la maison!

Nous avions pour notre dire que nos enfants, ne s’emporteraient jamais dramatiquement à la vue du pittoresque oiseau jaune en bordure de rue, victimes publicitaires d’un restaurant qui focus une grande partie de son attention sur les petits. Nous étions contre les ravages écologiques que cette chaîne de production massive de viande entraînait. Nous étions contre ce désistement facile de notre tâche de parent et voulions transmettre une valeur de consommation respectable à nos enfants.

Ce n’est que plus tard, enceinte des jumelles, quand mon garçon n’avait pas encore un an, que nous avons réalisé la naïveté de cette promesse. Je suis encore d’avis que bien nourrir son enfant est essentiel pour arriver à se respecter comme parent. Par contre, il est possible, avec parcimonie, d’introduire ces éléments producteurs de bonheur dans leur alimentation. La police-des-enfants-en-bonne-santé ne débarquera pas chez nous pour m’enlever mes enfants parce que je leur ai servi des frites.

Ce mystérieux restaurant (je dis mystérieux parce que je ne comprends pas encore pourquoi mes enfants capotent autant sur cette nourriture molle et très salée! C’est peut-être enceinte que je les ai habituée à cette saveur, parce qu’avec les nausées de grossesse, seul le Fast Food, et de cette bannière particulièrement, passait bien) s’est donc introduit dans notre routine annuelle. Pourquoi? Parce qu’il s’agit d’un des seuls endroits où ils facile de débarquer avec une armée d’enfant affamée, bruyante, et impatiente, sans se mérité de regard désapprobateur (probablement d’ailleurs parce que la foule que contient cet endroit est en partie composée de parents dépassés comme nous). Il s’agit d’un des seuls endroits où prendre plusieurs tables pour éparpiller les coquilles, les bébés, les manteaux, ne dérangent pas l’administration. Il s’agit du seul endroit également ou faire manger cinq personnes à sa faim ne coûte pas une fortune.

Il est évident que nous nous sommes risqués aux restaurants avec services qui offrent des repas à bas prix ou gratuits pour notre progéniture de moins de 12 ans, mais dans presque tous les cas, les larmes sont arrivées avant nos assiettes, nous avons prié l’hôtesse de nous amener la facture, nos voix enterrées par les cris, nous avons à peine fini notre assiette pour nos sauver en courant, presque honteux, d’avoir déranger tous les clients avoisinants.

Il est vrai que mes enfants paniquent presque à l’idée de ne pas pouvoir manger de frites lorsque le logo or croise notre chemin. Il est vrai qu’ils ont été achetés par le jouet accompagnant leur repas et qu’ils sont victime de cette dévastatrice campagne publicitaire. Il est aussi vrai que nous sommes les instigateurs de cette folie alimentaire. Par contre, il est honnête d’avouer qu’un trio pour enfants nous a sauvé bien des larmes d’appétit, bien de l’argent et bien de l’attente.

Ce restaurant a donc bien choisi son focus. Les enfants sont évidemment ma seule raison de fréquenter cet endroit. D’autre part, l’entreprise semble s’être responsabilité face à ces objectifs. La gamme des ingrédients est disponible sur le web et contredit toutes les rumeurs d’ingrédients douteux (bien que ça demeure du Junk Food). Il s’agit en fait de la liste d’ingrédients la plus simple du marché de la restauration rapide. Les règles d’hygiène très strictes de l’entreprise me permettent de ne pas douter des risques pour mes enfants, et la diffusion claire des allergènes aident les personnes comme moi, aux prises avec des allergies ou intolérances alimentaires.

Je ne ferai pas l’éloge de cet endroit, mais je dois admettre qu’il m’est maintenant particulièrement utile et ce grand oiseau, malgré toutes mes promesses vierges, fait maintenant partie de ma vie.

mardi 31 août 2010

Hôpital vs maisons de naissance

J’ai l’habitude de suivre assidument quelques blogues de mamans parce qu’ils sont éloquents, touchants, divertissants, intéressants. Je suis tombée dernièrement sur un article qui parlait d’accompagnement face à l’accouchement de façon très intéressante et qui mentionnait indirectement l’importance des maisons de naissance et la surmédicalisation présente dans les hôpitaux.

Ce texte m’a amené à réfléchir sur ce nouveau débat concernant l’accouchement. Je ressens un grand malaise face à ce sujet. J’ai l’impression que l’on souhaite nous démontrer qu’il existe une seule "vraie" façon d’accoucher: l’accouchement naturel, sans médication.

Je discutais de cet inconfort avec ma grand-mère et j’ai senti beaucoup d’insatisfaction dans ses réponses. Elle est dérangée par ce débat et ne le comprend pas. Les femmes de sa famille se sont battues pour avoir accès à un accouchement sécuritaire et gratuit dans le milieu hospitalier, avec anesthésie. Avant son mariage, sans savoir qu’elle aurait dix enfants, elle a fait promettre à mon grand-père qu’elle mettrait ses enfants au monde à l’hôpital. Ses dix enfants sont nés à l’hôpital et ma grand-mère (tout comme mon autre grand-mère d’ailleurs) a donné naissance sous anesthésie générale. La plus jeune de ses filles n’a que 36 ans et jamais son avis n’a changé sur la façon dont elle aurait pu donner la vie. Ce qui la fait le plus réagir ce sont les discours sur le retour aux accouchements avec sage-femme comme nos grands-mères. Selon elle, ce discours n'est pas représentatif, malgré ce que certains livres en disent.

Son attitude est probablement influencée par son historique familial. Sa mère est décédée des complications d’un accouchement naturel à la maison. Elle avait probablement peur de vivre la même chose (ou de ne pas survivre). Je suis tout à fait consciente que la science à évoluer depuis, que les accouchements en maison de naissance sont humains, chaleureux, extrêmement sécuritaires et que les accompagnantes sont très bien formées. Je suis aussi d'avis que la préparation et l'accompagnement sont nécessaires au bon déroulement de cet évènement. J’ajouterais, par contre, que les pratiques hospitalières ont, elles aussi, évoluées.

J’ai beaucoup de difficulté à accepter le "hôpital bashing" qui accompagne souvent ce discours, sous prétexte que l’accouchement à l’hôpital a été pensé par des hommes, dans un milieu d’hommes. Je sais que les hommes n’ont jamais accouché et je suis d’accord que certains peuvent faire preuve d’un détachement qui rend leur suivi inadéquat. Par contre, la généralisation me fâche.

Je n’ai jamais entendu aucune femme ayant accouché à l’hôpital juger celles qui accouchent en maison de naissance, bien qu’elles ne partagent pas toujours les motivations menant à ce type d’accouchement. Je sens par contre que le jugement inverse est présent. On devrait se sentir moins femme quand on choisi la péridurale et que l'on donne naissance sans douleur dans un environnement stérile. Pourtant, même à l'hôpital la femme a le choix du type d'accouchement qui lui convient le mieux. J'ai donné naissance à mes trois enfants à l'hôpital et j'ai été merveilleusement bien accompagnée par des infirmières épuisée et par des médecins débordés. Je suis également d’avis que nous ne sommes pas toutes constituées de la même façon et que nos corps n’ont pas tous les mêmes limites. Il n'y a rien de moins prévisible qu'un accouchement et ce discours sur l'accouchement parfait manque de nuance.

Sans mon médecin qui s’est entêté pour m’éviter la césarienne, j’aurais eu beaucoup de difficulté à me remettre de la naissance de mes jumelles. Sans anesthésiste, sans forceps et sans les connaissances médicales de ces hommes, j’aurais pu perdre une de mes filles, coincée au fond de mon utérus qui ne contractait plus. Sans infirmières, pédiatres, résidents qui m'encourageaient à pousser ce deuxième bébé, je n'y serais peut-être pas arrivée. Sans leur médecine et sans médications, j’aurais pu perdre la vie parce que mon corps n’expulsait pas mes placentas et que je perdais beaucoup de sang. C’est pour cette raison que j’ai autant de mal à comprendre cette guerre inutile.

Ce débat et les jugements dont il est parfois constitué m’affligent. À mon humble avis, il est impossible d'échouer en accouchant. Il n’y a pas de "bonne" façon de donner naissance. Il s'agit d'un accomplissement incroyable pour une femme, peu importe le déroulement et il est important d'être fière de cette réussite.

Je crois que l'hôpital et les maisons de naissance représentent tous deux des choix intéressants. Il est vrai qu'il faut défendre cette chance de pouvoir choisir mais, j'aimerais aussi qu'en 2010 chaque femme ait la chance d'être respectée dans le chemin qu'elle emprunte pour devenir mère.