Pour la fête des mères, j’ai décidé de sortir du garde-robe, de faire mon « coming out », de raconter la vérité sur ce qui m’est arrivée pendant ce congé de maternité gémellaire, ce qui m’a transformée à tout jamais.
Je ne sais pas si tout a commencé quand j’ai vu les deux sacs vitellins à l’échographie et qu’on m’a dit que ces deux futurs embryons n’étaient peut-être pas en vie. Je ne sais pas non plus si ce sont les nausées insurmontables et l’alitement du premier trimestre qui ont eu cet effet. Je ne sais pas si tout à commencer quand on m’a annoncé que je devais retourner au repos à 28 semaines de grossesse ou quand j’ai été admise en salle d’accouchement à 29 semaines, contractant aux deux minutes, péridurale installée et qu’on m’expliquait tous les risques vitaux que mes jumelles encourait avec cet inévitable accouchement. Je ne sais pas non plus si ce sont les 21 jours d’hospitalisation qui ont suivi, les dix jours en salle d’accouchement sans droit de m’alimenter solidement, les 6 semaines sans pouvoir prendre mon fils, les presque 4 semaines sans pouvoir le voir ou bien la tonne de médicaments administré pour empêché la naissances de bébés prématurés sur une île ou aucun incubateur n’était disponible qui ont tracé cette première ride sur mon cœur.
C’est peut-être quelque chose en particulier ou un peu de tout ça. Je ne sais pas ou tout as commencé, mais je sais qu’un matin je me suis réveillée et avant de sortir du lit, j’ai su que j’étais brisée.
Il y a évidemment eu un élément déclencheur. Ma garderie, mon ultime chance de quitter ma maison, de quitter mon brouillard, a fermé ses portes. La simple idée de me retrouver seule à la maison avec les enfants a suffit à créer en moi une angoisse telle que j’ai passée trois jours au lit. Trois jours à dormir pour fuir ma nouvelle réalité.
Je ne sais pas si tout a commencé quand j’ai vu les deux sacs vitellins à l’échographie et qu’on m’a dit que ces deux futurs embryons n’étaient peut-être pas en vie. Je ne sais pas non plus si ce sont les nausées insurmontables et l’alitement du premier trimestre qui ont eu cet effet. Je ne sais pas si tout à commencer quand on m’a annoncé que je devais retourner au repos à 28 semaines de grossesse ou quand j’ai été admise en salle d’accouchement à 29 semaines, contractant aux deux minutes, péridurale installée et qu’on m’expliquait tous les risques vitaux que mes jumelles encourait avec cet inévitable accouchement. Je ne sais pas non plus si ce sont les 21 jours d’hospitalisation qui ont suivi, les dix jours en salle d’accouchement sans droit de m’alimenter solidement, les 6 semaines sans pouvoir prendre mon fils, les presque 4 semaines sans pouvoir le voir ou bien la tonne de médicaments administré pour empêché la naissances de bébés prématurés sur une île ou aucun incubateur n’était disponible qui ont tracé cette première ride sur mon cœur.
C’est peut-être aussi les multiples semaines avec toujours un enfant éveillé et en pleurs à consoler, les marques laissées sur mon corps, la tension instaurée dans mon couple due au manque de temps pour vivre ou la tonnes de tâches qui comme une avalanche s’est déversée sur notre maison et nous as enseveli sous un brouillard blanchâtre et froid.
C’est peut-être quelque chose en particulier ou un peu de tout ça. Je ne sais pas ou tout as commencé, mais je sais qu’un matin je me suis réveillée et avant de sortir du lit, j’ai su que j’étais brisée.
Il y a évidemment eu un élément déclencheur. Ma garderie, mon ultime chance de quitter ma maison, de quitter mon brouillard, a fermé ses portes. La simple idée de me retrouver seule à la maison avec les enfants a suffit à créer en moi une angoisse telle que j’ai passée trois jours au lit. Trois jours à dormir pour fuir ma nouvelle réalité.
Puis, un soir, assise par terre dans la cuisine, dans le coin des armoires, à pleurer toutes les larmes de mon corps parce que j’avais renversé quelque chose, j’ai su que l’inévitable avait pris place en moi, j’ai su que je ne pourrais plus rationnaliser, que je ne pourrais aller plus loin, que j’avais échouer à mon ambition d’être mère d’une grande famille.
Ce jour là mon corps, ma naïveté, mon hyperactivité représentative, ma voix portante, ma mémoire d'éléphant, mon sourire indéfectible m’ont quitté.
J’ai pris rendez-vous chez ma médecin et le diagnostique est tombé. Dépression. Post-partum certes, mais un peu tardive. Ça tirait plutôt de l’épuisement maternel (comme dirait Violaine Guéritault). Un épuisement si grand que même un mois sans enfants, même un mois de vacances, n’aurait pas su me redonner l’énergie dépensée. J’ai voulu être la plus forte des grandes mères. J’ai tenté de déjouer la réalité en avançant trop vite, mais la vie m’a rattrapée.
Je n’étais pourtant ni déprimée démesurément, ni triste sans raisons apparentes (renverser quelque chose constitue une raison très raisonnable pour pleurer!), mais j’étais empreinte d’une profonde agressivité, d’une profonde haine envers mon quotidien, d’une immense envie de fuir, de me sauver, d’abandonner. Je me sentais complètement détachée de mes enfants, de ma famille. Je ne vivais plus du tout ce rêve.
Quand le diagnostic est tombé accompagné de sa prescription (sans honte et sans crainte aucune), une vague de soulagement est montée en moi. J’ai su que j’aurais la béquille pour m’appuyer, que j’aurais la poussée nécessaire pour survivre jusqu’à ce que le temps permette à mes enfants de vieillir. J’ai trouvé l’énergie nécessaire pour trouver une garderie. J’ai trouvé le sourire nécessaire pour fêter l’anniversaire de mes princesses. J’ai trouvé le temps de voir mon fils. J’ai enfin pu retourner au travail après plus de deux ans d’absence, de grossesse et de maternité intensive.
Il y a maintenant presque un an que la médication a fait son entrée dans ma vie. Je ne vois plus du tout cet expérience comme un échec. Je suis convaincue que le chemin parcouru est ascendant. L’épuisement est toujours présent, mais le travail, la vie sociale qui a su retrouver un peu sa place, la vie de couple qui a prit de l’ampleur ont raison de ma fatigue et me transporte, jour après jour vers le futur. Je sais que les petites pilules qui font maintenant partie de mon quotidien y seront encore pour quelques mois. Je sais également que rien de sert de presser les choses quand il s’agit de guérir les rides d’un cœur.
Chères mamans qui partagez ma réalité, je vous souhaite grandement de trouver le chemin qui vous permettra de remonter vers le haut, je vous souhaite de tout cœur de retrouver le sourire et je vous souhaite par-dessus tout de prendre le temps de vivre les choses
Félicitations pour cet honnête coming out qui aidera, j'en suis sûre, plusieurs parents. C'est également un très beau texte qui n'a pas dû être aisé à écrire.
RépondreSupprimerJe t'admire beaucoup.
xx