mercredi 6 juillet 2011

Le mystère du grand oiseau jaune.


La jeunesse est souvent remplie de promesse sans expérience au sujet de choses qui nous semblent pourtant capitales à ce moment précis.

Avant d’être parents, mon conjoint et moi, étions fiers de crier au grand jour nos grands principes et nous nous faisions la promesse ultime de les respecter.

La certitude dont nous étions s le plus fier concernait nos futurs enfants. Comme beaucoup de futurs parents d’ailleurs, nous nous sommes promis, au début de la vingtaine de ne pas avoir d’enfant roi, de na pas succomber à la publicité destinée aux enfants et d’élever nos enfants justement, comme nous jugions l’avoir été.

La principale victime de nos principes judicieux est sans aucun doute ce grand oiseau jaune de la restauration animée d’un clown nommé Ronald (pour éviter d’écrire leur nom). Nous jugions ouvertement les parents, qui sans égard aux risques d’obésité infantile, y amenait leur progéniture déchainée, les gavaient de Junk Food et les libéraient ensuite, sans trop garder l’œil ouvert, dans le parc intérieur pour quelques minutes de paix, non justifiée à notre avis.

Quand je suis tombée enceinte la première fois, nous avons même pris soin d’aviser les grands-parents, qu’il allait être hors de question que nos enfants mangent dans CE restaurant.

Nos parents furent évidemment un peu vexés de cette initiative et complètement déçus de perdre cette façon simple de gâter leurs futurs petits-enfants en vacances à la maison. Selon eux, un grands-parents idéal permet à ses petits-enfants de faire des choses chez eux, qu’ils ne peuvent pas faire à la maison!

Nous avions pour notre dire que nos enfants, ne s’emporteraient jamais dramatiquement à la vue du pittoresque oiseau jaune en bordure de rue, victimes publicitaires d’un restaurant qui focus une grande partie de son attention sur les petits. Nous étions contre les ravages écologiques que cette chaîne de production massive de viande entraînait. Nous étions contre ce désistement facile de notre tâche de parent et voulions transmettre une valeur de consommation respectable à nos enfants.

Ce n’est que plus tard, enceinte des jumelles, quand mon garçon n’avait pas encore un an, que nous avons réalisé la naïveté de cette promesse. Je suis encore d’avis que bien nourrir son enfant est essentiel pour arriver à se respecter comme parent. Par contre, il est possible, avec parcimonie, d’introduire ces éléments producteurs de bonheur dans leur alimentation. La police-des-enfants-en-bonne-santé ne débarquera pas chez nous pour m’enlever mes enfants parce que je leur ai servi des frites.

Ce mystérieux restaurant (je dis mystérieux parce que je ne comprends pas encore pourquoi mes enfants capotent autant sur cette nourriture molle et très salée! C’est peut-être enceinte que je les ai habituée à cette saveur, parce qu’avec les nausées de grossesse, seul le Fast Food, et de cette bannière particulièrement, passait bien) s’est donc introduit dans notre routine annuelle. Pourquoi? Parce qu’il s’agit d’un des seuls endroits où ils facile de débarquer avec une armée d’enfant affamée, bruyante, et impatiente, sans se mérité de regard désapprobateur (probablement d’ailleurs parce que la foule que contient cet endroit est en partie composée de parents dépassés comme nous). Il s’agit d’un des seuls endroits où prendre plusieurs tables pour éparpiller les coquilles, les bébés, les manteaux, ne dérangent pas l’administration. Il s’agit du seul endroit également ou faire manger cinq personnes à sa faim ne coûte pas une fortune.

Il est évident que nous nous sommes risqués aux restaurants avec services qui offrent des repas à bas prix ou gratuits pour notre progéniture de moins de 12 ans, mais dans presque tous les cas, les larmes sont arrivées avant nos assiettes, nous avons prié l’hôtesse de nous amener la facture, nos voix enterrées par les cris, nous avons à peine fini notre assiette pour nos sauver en courant, presque honteux, d’avoir déranger tous les clients avoisinants.

Il est vrai que mes enfants paniquent presque à l’idée de ne pas pouvoir manger de frites lorsque le logo or croise notre chemin. Il est vrai qu’ils ont été achetés par le jouet accompagnant leur repas et qu’ils sont victime de cette dévastatrice campagne publicitaire. Il est aussi vrai que nous sommes les instigateurs de cette folie alimentaire. Par contre, il est honnête d’avouer qu’un trio pour enfants nous a sauvé bien des larmes d’appétit, bien de l’argent et bien de l’attente.

Ce restaurant a donc bien choisi son focus. Les enfants sont évidemment ma seule raison de fréquenter cet endroit. D’autre part, l’entreprise semble s’être responsabilité face à ces objectifs. La gamme des ingrédients est disponible sur le web et contredit toutes les rumeurs d’ingrédients douteux (bien que ça demeure du Junk Food). Il s’agit en fait de la liste d’ingrédients la plus simple du marché de la restauration rapide. Les règles d’hygiène très strictes de l’entreprise me permettent de ne pas douter des risques pour mes enfants, et la diffusion claire des allergènes aident les personnes comme moi, aux prises avec des allergies ou intolérances alimentaires.

Je ne ferai pas l’éloge de cet endroit, mais je dois admettre qu’il m’est maintenant particulièrement utile et ce grand oiseau, malgré toutes mes promesses vierges, fait maintenant partie de ma vie.

2 commentaires:

  1. Comme le "marché" des enfants est si grand, pourquoi n'y a t-il pas d'autres restaurants qui rendent la tâche plus facile aux parents et aux enfants: espace de jeux, prix très abordables, jouets...?

    Un cora près de chez moi s'est organisé un espace de jeu, des ballons pour tous les enfants, même des petits bancs pour avoir accès au lavabo plus facilement. Si on veut aller manger, c'est là qu'on va.

    J'aimerais tellement avoir plus de choix.

    phé

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  2. Je ne rencontre jamais autant de parents de jumeaux que dans ce ''genre'' d'établissement. Je suis certaine qu'il y a un lien à faire... :)

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